Les retards de paiement, une spécialité en France

Les délais de paiement et notamment les retards sont monnaie courante en France. Et ce, malgré les nombreuses mesures prises par l’Etat comme le Name and Shame, le « prix des délais de paiement » qui récompense les bons payeurs et l’affacturage inversé. Rien n’y fait, le problème reste majeur. De plus, il est très dangereux pour les petites entreprises de types (TPE, PME, ETI). En effet, de nombreuses enquêtes indiquent que 25% des faillites sont liées à des retards de paiement en France. Ce phénomène est-il une spécialité dans notre pays ?

La France, un mauvais élève

A titre de comparaison, le Danemark est un très bon élève avec 90% des entreprises qui paient à l’heure. Même si elle fait pâle figure à côté de ce pays, la France n’est pas non plus le plus mauvais élève. En effet, par exemple, en Asie, ce sont 1/4 des entreprises qui paient très en retard. Cependant, dans l’Hexagone, 7 millions d’euros d’amendes ont été infligées aux mauvais payeurs au premier semestre 2018. Ces derniers sont d’ailleurs responsables d’un manque à gagner de 16 milliards d’euros pour les PME et causent la faillite d’une entreprise sur quatre. On peut donc affirmer sans mal que les retards de paiement sont une spécialité française.

Il faut dire qu’en France, Bercy n’aide pas. En effet, même si l’institution a augmenté les amendes pour ces retards, cette mesure n’est clairement pas efficace. Tout d’abord, parce que l’entreprise veut avant tout garder son client. Il est donc très rare qu’elle le dénonce pour facture impayée. De plus, il faut savoir que Bercy perçoit et garde l’intégralité de l’amende. L’entreprise n’est donc pas dédommagée.

De nombreuses solutions voient le jours

Pour remédier à ce problème majeur, de nombreuses mesures sont prises, en plus de celles nommées en introduction : mise en place de plateformes pour simplifier les process, perfectionnement de l’informatique dans le domaine, créations de startups innovantes et efficaces qui se chargent de racheter les créances des entreprises pour s’en occuper, etc. Les idées ne manquent pas.

Mais le point le plus important qu’il est nécessaire de développer l’honnêteté et la conscience professionnelle. Les mauvais payeurs doivent prendre conscience que leur actes impactent fortement des petites entreprises qui peine déjà à survivre.

Le mouvement ETHIC suggère, par exemple, deux mesures phares pour lutter contre les délais de paiement : que la TVA ne soit récupérable seulement sur les factures payées et que les amendes perçues pour retard de paiement soient réparties entre les entreprises et le ministère des Finances.