Les délais de paiement repartent à la hausse

Il y a quelques semaines, on constatait que les délais de paiement étaient en baisse. Malheureusement, la situation repart à la hausse. Le Médiateur des entreprises a analysé les factures envoyées à 9000 sociétés et le constat est très préoccupant.

En effet, une facture sur sept est concernée par les retards de paiement en 2019. Cette situation qui s’est aggravé après une année 2018 encourageante met en péril de nombreuses entreprises.

Des chiffres inquiétants

Le nombre de factures impayées est plus important que l’année dernière. En effet, en 2019, le baromètre constate qu’il y a 15% de factures bloquées en plus, sur un total de 2,8 millions de factures impayées, comparé à 2018 (13%). Le temps qu’il faut pour résoudre un blocage est aussi en augmentation de 4 jours, la moyenne est donc passée à 48 jours. Cependant, étant donné que c’est une moyenne pour beaucoup d’entreprises cette situation dure souvent bien plus longtemps.

C’est notamment ce que signale Laurent Brouat, directeur général de L’École du recrutement, une petite entreprise de formation qui emploie 10 salariés. Le chef d’entreprise indique qu’il a une dizaine de factures qui datent d’il y a plus d’un an, c’est à dire que les personnes n’ont pas payé leurs factures depuis cette date. A noter que le délai normal se situe entre 60 et 90 jours. Certaines de ces créances représentent même entre 100 000 et 150 000 euros. Sachant que son entreprise fait environ 800 000 euros de chiffre d’affaires par an, ces créances impayées représentent un réel danger pour la stabilité de la trésorerie des entreprises. Dans son cas, Laurent Brouat a même dû emprunter de l’argent. 

Une situation qui concerne tous les secteurs

Tous les secteurs de l’économie sont touchés par cette situation préoccupante. Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, constate d’ailleurs souvent que son origine vient de la complexité des démarches lorsque des petites entreprises souhaitent se faire payer par des plus grosses. De plus, les petites structures n’ont pas une trésorerie assez constante pour faire face à ces retards qui sont la cause d’une faillite d’entreprises sur quatre.