Une sonnerie de la honte pour lutter contre les mauvais payeurs en Chine

Les mauvais payeurs sont un fléau pour les entreprises du monde entier. Les retards de paiement qu’ils entraînent contraignent de nombreuses organisations, notamment les TPE et PME, à mettre la clef sous la porte.

Depuis quelques années maintenant, la Chine expérimente de multiples techniques pour contraindre les mauvais payeurs à s’acquitter de leurs dettes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces techniques sont plutôt controversées et se rapprochent fortement du roman 1984 de Georges Orwell.

La « sonnerie de la honte »

Depuis 2017, dans certaines villes chinoises, un dispositif surprenant a été mis en place. Lorsque vous appelez une personne qui est endettée, à la place de la tonalité, un message est diffusé vous indiquant que vous avez affaire à un mauvais payeur : « L’abonné que vous appelez a été mis sur liste noire par la Cour du comté de Guanyun pour ne pas avoir remboursé ses dettes. Merci d’exhorter la personne de remplir ses obligations légales. La Cour populaire du comté de Guanyun apprécie votre aide. Merci ! »

Le seul moyen de sortir de cette liste noire est donc de payer ses dettes, si le citoyen ne veut pas que toutes ses connaissances sachent qu’il est en réalité un mauvais payeurs. Aujourd’hui, 13 millions de citoyen chinois figurent sur cette liste noire.

Utiliser les technologies pour humilier les mauvais payeurs

Cette sonnerie de la honte n’est pas la seule expérimentation que la Chine a mené pour lutter contre les mauvais payeurs. Le gouvernement utilise, depuis quelques années, la technologie pour humilier ces personnes et les forcer à payer leurs dettes. Par exemple, une application mobile a été développée et géolocalise sur l’écran de votre smartphone les mauvais payeurs présents autour de vous, dans un rayon de 500 mètres. Egalement, dans certaines gares ou certains centres commerciaux, les panneaux publicitaires diffusent l’identité de ces personnes.

Que ce soit sur l’application ou sur les panneaux publicitaires, de nombreuses informations y figurent : nom, photo, numéro de carte d’identité et le montant que ces personnes doivent payer.